POUR SOIGNER L’ECZEMA DU GOUDRON
Comment faire pour guérir ces écorchures, ces éraflures qui empoisonnent
la vie du cycliste ?
Les
conseils du coureur Alexandre Moos et du soigneur Claude Chenal
(Extrait du VéloRomand n° 32 – printemps été 2007)
(…) Alors
que les médecins parlent d’abrasion cutanée ou d’exulcération, les cyclistes
appellent ça « l’eczéma du goudron », cette manière qu’a le
sol de vous écorcher à vif. Les plaies sont souvent superficielles, mais elles
sont douloureuses. Voici quelques conseils d’Alexandre Moos qui, depuis qu’il
s’est reconverti dans le cyclocross et le bike, « est sans arrêt en
train de se refaire les genoux », et d’un ancien soigneur de Phonak et
de Swiss Post Team, Claude Chenal, qui a passé dix ans à panser les coureurs
professionnels.
Le lavage de la plaie
Selon Erik
Zabel, sous la douche, il faut frotter les plaies avec une brosse. Ca fait mal,
mais cela accélère la cicatrisation. Claude Chenal est moins brutal et dit que
laver la plaie sous la douche en mettant de la pression est capital. Cela fait
partir toute la saleté. On peut frotter avec la paume de la main ou avec la
lavette. Si le résultat n’est pas suffisant, il faut utiliser une pince à
épiler. Alex Moos dit frotter avec la main et nettoyer avec un savon désinfectant.
Ca fait youtzer selon lui !
Si la plaie
garde encore des saletés, Alex Moss utilise des compresses imbibées à l’eau
oxygénée. En ultime recours, Claude Chenal utilise de l’alcool pur. Là, le
coureur grimpe au plafond !
Le pansement
Il ne faut
surtout pas mettre de gaze stérile avertit Alex Moos. Le risque est de voir les
fibres de la gaze se prendre dans la croûte. Il faut utiliser des pansements
qui ont un côté plastifié, comme les Comprigel. On peut aussi utiliser des
pansements avec des pommades désinfectantes grasses, comme Vita-Merfen ou
Lalugen selon Claude Chenal. Recouvrir le tout d’un grand sparadrap pour la
nuit. Si les douleurs sont trop fortes, je prends un analgésique explique Alex
Moos.
De l’air !
Si la
médecine aujourd’hui préconise un milieu humide pour le soin des plaies, les
cyclistes préfèrent la méthode traditionnelle qui veut que la plaie sèche.
Seulement si la plaie est peu profonde dit Claude Chenal, sinon il faut garder
les pansements. A changer deux fois par jours.
Au pire
Si malgré
tous ces bons soins, la blessure s’infecte, il reste le traitement antibiotique
et, en dernier recours, le scalpel. Le médecin gratte la plaie. Dans ce cas-là,
le cycliste revient au point de départ !
LES BLESSURES DE LA SELLE
Parmi les
bobos qui empoisonnent la vie du coureur cycliste, il y a les blessures à la
selle. De Louison Bobet à Laurent Fignon, nombreux sont les professionnels ( et
les autres) à avoir pédalé carré !
Aujourd’hui
les peux de chamois sont synthétiques pourtant il faut traiter le cuissard
affirme Claude Chenal !
Il existe
des crèmes spécialisées ou alors, comme le dit Alex Moos, on peut très bien se
contenter de la simple crème Nivea, boîte bleue. L’es irritations sont dues au
frottement ou à un mauvais pli.
Les
furoncles sont eux consécutifs à une mauvaise hygiène. Il faut changer de
cuissard tous les jours ou le laver. Et si le furoncle s’installe, il ne faut
pas le presser, il faut le laisser mûrir. Des pansements imprégner d’alcool
accélèrent l’évolution. Si cela ne marche pas, une pommade antibiotique
s’impose.
Moralité : il faut prendre grand soin de vos
fesses ! L’hygiène est primordiale. Avant de partir appliquez de la crème
et lavez vos cuissards après chaque sortie. Grâce à cette discipline, vous
éviterez presque tous les ennuis de selle !
Bonne route
à toutes et tous !
Votre
rédacteur